La Banque Centrale Européenne (BCE) vient de poser les jalons d’une riposte souveraine face à l’adoption de plus en plus grandissante du Bitcoin et des cryptomonnaies en Europe. Le 18 février 2026, une feuille de route finale avec un lancement officiel en 2029 a été dévoilée. Un projet qui ressemble à une tentative de verrouillage total du paysage des paiements européens.
La Banque Centrale Européenne (BCE) ne cache plus ses ambitions. Selon les documents présentés au comité exécutif, l’institution européenne est entrée dans une phase de préparation critique depuis novembre 2025.
L’objectif affiché est clair : être prête pour une première émission de l’euro numérique durant l’année 2029, à condition que le cadre législatif soit bouclé courant 2026.
La machine administrative est déjà en marche. Un exercice pilote de 12 mois débutera au second semestre de l’année 2027. Ce dernier mettra en place des transactions réelles pour tester la robustesse de l’infrastructure.
Au total, quatre cas d’usage seront testés pour affiner la « proposition de valeur ». Toutefois, ces quatre cas d’usage ne sont pas cités dans le document publié le mercredi 18 février dernier. Cependant, selon les annonces officielles de l’Eurosystem, ils incluent :
- des paiements entre particuliers en ligne (P2P online),
- des paiements entre particuliers hors ligne (P2P offline),
- des paiements en magasin ou vers des entreprises en ligne (P2B online),
- des paiements pour des achats en ligne ou mobiles (e-commerce et m-commerce).
L’euro numérique ne sera pas une monnaie de banque centrale accessible sans intermédiaire, comme un bon wallet d’auto-garde de crypto-actifs. Les banques seront au cœur de la distribution pour les usagers. En clair, l’euro numérique dormira toujours chez le banquier habituel, sous l’œil bienveillant de Francfort.
Le modèle économique a été taillé sur mesure pour calmer les craintes du secteur financier :
- Compensation équitable : les banques seront rémunérées pour leur rôle de distributeurs.
- Protection des marges : le Conseil de l’Union Européenne a prévu, en décembre 2025, que les frais soient plafonnés à des niveaux comparables aux cartes de débit actuelles.
- Zéro risque pour les dépôts : des limites de détention seront imposées, et les entreprises ne pourront pas avoir de soldes en euros numériques.
D’un point de vue purement crypto, ce projet incarne un paradoxe fondamental sans équivoque. D’un côté, il valide la thèse que le futur de la monnaie est numérique. De l’autre, il piétine les principes de confidentialité et de souveraineté individuelle que prône la crypto.
Bien que la Banque Centrale Européenne mentionne l’usage « offline », la version « online » sera, par définition, une autoroute de données pour les régulateurs. Contrairement au Bitcoin, chaque transaction de l’euro numérique sera traçable par l’infrastructure de l’Eurosystème.
Avec son statut de monnaie légale, l’euro numérique bénéficiera d’un avantage réglementaire massif sur les EURC ou autres actifs privés. Cette disposition législative transforme l’euro numérique en un outil de contrôle et de pression monétaire privilégié pour les dirigeants de l’UE: alors que les commerçants conservent le droit de refuser les stablecoins privés (EURC, USDT), ils seront légalement contraints d’accepter la Monnaie numérique de banque centrale de la BCE.
Autres facteurs, les limites de détention et l’absence de rémunération sont des leviers de manipulation monétaire directe. Les utilisateurs ne possèdent pas vraiment leurs euros numériques. La Banque centrale européenne autorise à les utiliser sous conditions strictes.
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L’euro numérique arrive à grand pas, et ne compte pas demander la permission des citoyens européens. Entre synergies avec les cartes physiques et intégration dans les portefeuilles existants via le « co-badging », la BCE veut rendre sa MNBC omniprésente et omnisciente.
Si cet euro digital peut servir de passerelle, il représente aussi un risque de standardisation étatique qui pourrait étouffer l’innovation décentralisée dans l’espace européen. La phase pilote de 2027 sera le moment de vérité sur l’avenir de la monnaie numérique de banque centrale de l’Union européenne.





