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Banques Africaines, Blockchain et Crypto ou la nécessité de se réinventer

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L’Afrique ne se contente plus de suivre la révolution technologique : elle la mène silencieusement. Avec une population la plus jeune au monde et un taux de pénétration mobile dépassant les 100% dans plusieurs zones urbaines, le continent africain est devenu le laboratoire mondial de la finance décentralisée. Pour les banques commerciales, l’heure n’est plus à l’observation, mais à l’intégration massive de la blockchain dans leur système.

Pendant des décennies, les banques africaines ont joui d’une position de quasi-monopole malgré des coûts de structure élevés pour les clients. Aujourd’hui, elles font face à une grande menace existentielle dûe à l’avènement de la technologie Blockchain avec à sa tête le Bitcoin (BTC).

Des plateformes comme Yellow Card ou Luno permettent déjà aux utilisateurs d’envoyer, de recevoir et de stocker de la valeur grâce aux cryptos sans passer par un guichet bancaire. À l’échelle mondiale, des bourses comme Binance, Bybit ou OKX ont intégré des solutions d’échange de pair-à-pair (P2P) avec le Mobile Money pour l’inclusion financière des populations non bancarisées.

Pour ne pas devenir de simples tuyaux vides dans un monde en perpétuel changement, les banques doivent nécessairement intégrer des portefeuilles crypto directement dans leurs applications mobiles afin de retenir leurs clients.

Le nouveau standard du commerce transfrontalier

L’un des freins majeurs à la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF) défini par l’Union Africaine, le 21 mars 2018 à Kigali, au Rwanda, a toujours été la multiplicité des devises sur le continent et la difficulté de conversion. Avec l’utilisation de stablecoins comme Tether (USDT), qui est une cryptomonnaie indexée sur une monnaie stable comme le dollar, donc pas volatile, cette barrière n’existe plus dans les échanges.

L’impact de cette facilité est énorme pour le commerce international et transfrontalier. Par exemple, une PME à Abidjan peut régler son fournisseur à Dakar ou à Kampala en quelques secondes via un stablecoin comme Tether (USDT) ou USDC, là où un virement Swift classique prenait autrefois plus de 5 jours avec des frais de change opaques et parfois lourds. Les banques qui facilitent ces transactions aujourd’hui captent un marché de flux commerciaux intra-africains estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars.

Lire aussi : MoneyGram adopte la crypto pour les transferts d’argent

Dans cette vision stratégique de se mettre en phase avec la nouvelle réalité de la finance, des géants du transfert d’argent comme Western Union ou encore MoneyGram ont déjà ouvert des portefeuilles crypto pour leurs opérations afin de retenir non seulement leur clientèle, mais aussi pour capter de nous utilisateurs.

Souveraineté et monnaies mumériques de banque centrale (MNBC)

L’adoption de la cryptomonnaie n’est pas qu’une initiative privée. Du eNaira au Nigeria en 2021 aux projets de monnaies numériques en Afrique du Sud, au Ghana et au Kenya qui sont toujours en cours d’étude, les États Africains tracent la voie de la souveraineté économique. Dans cette nouvelle dynamique de la finance qui continue de se transformer, les banques commerciales ont un rôle essentiel de distributeurs de ces monnaies numériques comme le eFCA de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), lancé en septembre 2025. Celles qui disposent de l’infrastructure technologique pour gérer ces nouveaux actifs seront les partenaires de premier plan des gouvernements, bénéficiant ainsi d’une légitimité et d’une sécurité accrue.

Lire également : La BCEAO lance officiellement le e.CFA, mais que dit l’AES ?

La Tokenisation  des actifs ou le capital dormant

Le secteur bancaire africain souffre souvent d’un manque criard de liquidités pour les projets de longue durée. La tokenisation des actifs du monde réel (RWA) permet de fractionner la propriété d’un immeuble, d’une mine d’or, d’un puits de pétrole ou d’une exploitation agricole pour la stocker sur la blockchain. Par exemple, une banque du Burkina Faso peut proposer à ses clients d’acheter 1% d’une obligation d’infrastructure nationale via un token dédié. Cela démocratise l’investissement et permet aux banques de lever des fonds plus rapidement pour financer le développement du continent et aussi accélérer l’inclusion financière.

L’adoption de la cryptomonnaie par les banques africaines n’est pas un luxe technologique, c’est une réponse pragmatique aux réalités du terrain : inflation galopante, besoin de rapidité, inclusion financière et souveraineté numérique. Les institutions financières qui franchiront le pas en investissant dans la conformité (KYC/AML) et la sécurité informatique deviendront les piliers de la prospérité africaine dans ce nouveau monde de la finance décentralisée. Les banques qui refusent de s’adapter courent naturellement le risque de disparaître sans état d’âme. Elles se feront remplacer par des algorithmes et des protocoles décentralisés. C’est le nouveau monde et il faut vite se mettre à jour.

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