Le mardi 21 octobre 2025, à Washington, la Réserve fédérale américaine a accueilli le gratin du secteur crypto pour une conférence inédite sur l’innovation des paiements. Sergey Nazarov de Chainlink, les patrons de Circle, Paxos et Coinbase : tous étaient aux premières loges. Stablecoins, tokenisation, IA, etc. Un agenda qui en dit long sur la nouvelle ère que la Fed semble prête à embrasser.
Le mardi 21 octobre, la Réserve fédérale américaine (Fed) a franchi un cap historique en organisant une conférence dédiée à l’innovation des paiements numériques, mentionnant explicitement les cryptomonnaies pour la première fois.
Un événement sans précédent qui rassemble officiellement les géants de l’écosystème crypto aux côtés des institutions financières traditionnelles américaines.
La Fed reconnaît désormais la blockchain comme une composante légitime du système financier moderne.
Cette conférence s’inscrit dans une dynamique amorcée dès janvier 2024, lorsque BlackRock a bouleversé les règles du jeu financier avec le lancement de son ETF Bitcoin IBIT.
En validant publiquement l’exposition au bitcoin, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde a offert aux cryptomonnaies une légitimité institutionnelle que les régulateurs ne pouvaient plus ignorer.
L’effet domino s’est enclenché rapidement. Les banques américaines, longtemps réticentes, ont progressivement intégré les actifs numériques à leur offre. Le gendarme financier américain, la SEC, elle-même a dû s’adapter. Sous la présidence Trump et avec Paul Atkins à sa tête, la commission a abandonné sa posture combative héritée de l’ère Gary Gensler.
La Fed, contrairement à la SEC, n’avait jamais vraiment affronté directement le secteur crypto. Elle l’avait simplement ignoré. Cette indifférence touche désormais à sa fin. L’institution doit désormais composer avec une réalité : les stablecoins facilitent des milliards de dollars de transactions quotidiennes, la tokenisation attire les plus grandes fortunes, et la blockchain transforme les infrastructures de paiement.
BlackRock pousse particulièrement sur la tokenisation. Le gestionnaire d’actifs prépare sa propre plateforme dédiée. Sa présence à la table ronde finale de la conférence n’est pas anodine. Elle témoigne d’une convergence d’intérêts entre la finance traditionnelle et l’innovation blockchain.
Cette ouverture de la Fed représente bien plus qu’un simple événement. Elle acte l’entrée des cryptomonnaies dans le mainstream financier américain. La banque centrale, gardienne du dollar et pilier de la stabilité monétaire mondiale, accepte désormais de dialoguer avec un secteur qu’elle tenait jusqu’ici à distance.
Et les conséquences pourraient être mondiales. Si la Fed valide certains usages des actifs numériques, d’autres banques centrales suivront le pas. Un chiffre illustre cette dynamique : 172 entreprises détiennent désormais 1,02 million de bitcoins au troisième trimestre 2025. L’adoption institutionnelle n’est plus une hypothèse, c’est une réalité concrète.





