L’Union européenne prépare une interdiction totale des transactions en cryptomonnaies avec la Russie pour renforcer les sanctions et empêcher le financement indirect de l’effort de guerre. Les cryptomonnaies, grâce à leur décentralisation et leur pseudonymat, sont devenues un vecteur majeur d’évasion des sanctions depuis le début de la guerre Ukraine-Russie en février 2022.
Depuis bientôt quatre ans, l’Union européenne (UE) a déployé un nombre incroyable de sanctions pour tenter d’isoler la Russie et d’entraver son économie. Ces mesures ont progressivement évolué des restrictions bancaires traditionnelles vers des moyens toujours plus extrêmes et poussés, notamment contre les actifs numériques.
En effet, selon un article du Financial Times, la Commission européenne pousserait à une interdiction totale des transactions en cryptomonnaie avec la Fédération de Russie. Un document interne insisterait sur le blocage global des fournisseurs de services crypto russes, plutôt que des sanctions individuelles jugées inefficaces et sans effet.
Des plateformes comme Grinex, héritière de Garantex, sanctionnée en 2022 par les États-Unis, ainsi que des stablecoins indexés sur le rouble comme A7A5, pourtant émis au Kirghizistan, seraient au cœur des préoccupations des technocrates de l’Union européenne.
Le 6 février 2026, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a annoncé le 20e paquet de sanctions contre la Russie, qui s’annonce comme l’un des plus agressifs contre l’industrie des crypto-actifs.
Ces nouvelles sanctions, si adoptées, viendraient s’ajouter aux près de 26 000 sanctions déjà infligées à la Russie par les pays occidentaux depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022.
« Nous ajoutons 20 autres banques régionales russes à la liste [des entités sanctionnées] et nous prendrons des mesures contre les cryptomonnaies, les entreprises qui les échangent et les plateformes qui permettent le trading de crypto, afin de fermer toute voie de contournement. (…) », Extrait de la déclaration d’Ursula von der Leyen sur le 20ème paquet de sanctions de l’UE contre la Russie
Ce 20ème paquet vise à fermer les brèches persistantes, malgré quatre années de sanctions antérieures sans gain de cause véritable. Il nécessitera toutefois l’unanimité des États membres, et des réserves de certains pays pourraient retarder son adoption.
En tout état de cause, reste à voir comment l’Union européenne compte interdire la décentralisation des blockchains, dont la résistance à la censure permet des échanges sans craindre d’intermédiaires, à l’inverse de réseaux de paiements centralisés et contrôlés comme SWIFT.





