La commission bancaire du Sénat américain vient de décaler à 2026 les auditions cruciales sur la réglementation des marchés crypto. Cette décision survient alors que l’industrie crypto attendait impatiemment des règles claires pour sortir du flou juridique. Pourquoi ce nouveau délai, et quelles conséquences pour le secteur ?
La commission bancaire du Sénat a officialisé lundi 16 décembre 2025, le report des auditions législatives sur la structure du marché crypto. Initialement espérées pour cette semaine, ces discussions cruciales sont désormais programmées pour janvier 2026. Le président de la commission, Tim Scott, a confirmé cette décision par l’intermédiaire de son porte-parole.
Cette législation représente un enjeu majeur pour l’industrie crypto américaine. Elle doit définir précisément comment la SEC (Securities and Exchange Commission) et la CFTC (Commodity Futures Trading Commission) se répartiront la supervision des marchés.
Le projet désigne la CFTC comme principal régulateur des marchés au comptant (spot), une clarification attendue depuis des années par les acteurs du secteur.
Le président Scott justifie ce délai par sa volonté d’obtenir un consensus bipartisan solide. « Il s’est engagé avec constance et patience dans des discussions de bonne foi », indique son porte-parole.
L’objectif affiché reste ambitieux : faire des États-Unis « la capitale mondiale des cryptomonnaies ». Cependant, cette prudence politique a un prix fort.
Le calendrier politique complique sérieusement la donne. En 2026, les États-Unis organiseront des élections de mi-mandat où l’ensemble des sièges de la Chambre des représentants et 33 sièges du Sénat seront renouvelés.
Historiquement, ces périodes électorales paralysent souvent l’adoption de législations bipartisanes. Les parlementaires préfèrent éviter les sujets controversés susceptibles de leur coûter des voix.
À cela s’ajoute un problème de priorités. Dès janvier, le Congrès devra se pencher en urgence sur le financement du gouvernement fédéral. La loi de finances expire le 30 janvier 2026, ce qui relègue automatiquement les dossiers « non essentiels » au second plan. La crypto risque d’en faire les frais dans ce contexte.
Le marché a immédiatement sanctionné cette annonce. Lundi soir, la capitalisation totale du secteur a fondu de 150 milliards de dollars en quelques heures. Le bitcoin est passé de près de 90 000 $ à environ 85 000 $, perdant 5 000 $ dans la foulée. Cette chute de 3,6 % traduit la nervosité des investisseurs face à un cadre juridique qui tarde à se concrétiser.
Ce report pourrait finalement se révéler contre-productif. Alors que l’administration cherche à positionner les États-Unis comme leader mondial de la crypto, l’incertitude réglementaire persistante risque de pousser les acteurs vers des juridictions plus claires. Le temps joue désormais contre Washington.





