D’après les projections d’ARK Invest, la valeur des actifs tokenisés pourrait grimper vers 11 000 milliards de dollars d’ici 2030, contre un marché actuel estimé autour de 22 milliards de dollars. Autrement dit, ARK Invest ne parle pas d’un gadget, mais il parle d’un changement majeur de tuyauterie pour la finance globale.
Le marché des actifs tokenisés (RWA) pèserait aujourd’hui autour de quelques vingtaine de milliards de dollars. La société ARK Invest estime que ce chiffre pourrait être multiplié par plusieurs centaines en moins de dix ans. La raison n’est pas un afflux massif de particuliers, mais ce sont les institutions qui ouvriront les vannes.
Dans cette vision, la tokenisation concerne avant tout les actions, les obligations, les fonds, les produits structurés et certains actifs illiquides. En effet, il ne s’agit pas seulement de l’immobilier fractionné ou des œuvres d’art numériques. L’objectif des RWA est de déplacer la tenue de registre et les règlements sur des infrastructures programmables. Plus rapides, plus traçables et moins coûteuses.
ARK Invest insiste sur un point souvent mal compris par certains. Tokeniser un actif ne le rend pas “magique”. En réalité, il ne devient ni plus rentable ni automatiquement liquide. En revanche, il devient plus facile à intégrer dans des chaînes de valeur financières. Et, c’est là que la création de valeur apparaît.
La tokenisation des fonds pourrait pousser celle des actifs sous-jacents. Une fois l’enveloppe numérisée, la logique veut que le contenu suive. Ce mécanisme pourrait accélérer la croissance du marché bien plus vite que prévu.
La tokenisation ne progresse pas seule. Elle s’appuie sur un outil déjà largement adopté, notamment, les stablecoins. Ces jetons indexés sur des monnaies fiduciaires servent aujourd’hui de passerelle entre la finance traditionnelle et les blockchains à travers différents réseaux.
Pour ARK Invest, les stablecoins ne sont plus uniquement un moyen de paiement crypto. Ils deviennent une couche de règlement universelle. Une fois la monnaie tokenisée, le reste suit naturellement. Titres financiers, parts de fonds, collatéral, etc. Tout peut circuler sur les mêmes rails sans collusion.
La tokenisation des actifs du monde réel ne remplace pas les banques ou les marchés traditionnels. Cependant, elle change leur mécanique interne. Il y a moins de délais, moins d’intermédiaires techniques, et plus d’automatisation dans la conformité et le règlement-livraison. Dans un environnement où les marges se compressent, cet argument pèse lourd pour l’avenir de la finance.
Il y a encore cinq ans, la tokenisation était surtout expérimentale avec des preuves de concept et peu de volumes. Mais, aujourd’hui, le contexte a changé. Les institutions cherchent des gains d’efficacité mesurables. Pas des promesses. Selon BlackRock, la tokenisation pourrait atteindre 16 à 30 trillions de dollars dans les 10 prochaines années. Une estimation plus élevée que les prédictions à 11 trillions de la société ARK Invest.
Avec des actifs tokenisés, on permet de réduire certains coûts de back-office. Elle limite les erreurs de rapprochement et facilite l’audit. De plus, la tokenisation ouvre la voie à des marchés fonctionnant quasiment en continu. Ces bénéfices sont concrets. Ils expliquent pourquoi gestionnaires d’actifs et infrastructures de marché testent désormais ces solutions à grande échelle. Un secteur d’avenir pour les investisseurs qui cherchent à préparer l’avenir en toute confiance.





