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La CEDEAO s’ouvre progressivement au marché des cryptomonnaies

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L’Afrique de l’Ouest s’impose progressivement comme l’un des marchés de cryptomonnaies les plus dynamiques au monde. Portée par une population jeune en quête d’opportunités et une inclusion financière encore incomplète, la région Africaine a vu l’adoption des actifs numériques passer du stade de niche à celui de pilier économique stratégique. Face à cette accélération, les régulateurs, menés par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le Nigeria, ont dû passer d’une posture d’interdiction ferme à une stratégie d’encadrement structuré pour encourager l’innovation et l’adoption responsable des actifs numériques.

Depuis la création des cryptomonnaies et leur utilisation de plus en plus croissante en Afrique de l’ouest, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) maintient jusqu’à présent une position prudente, n’accordant pas le statut de monnaie légale aux actifs numériques, mais encadrant désormais les activités des prestataires de services numériques.

En effet, les cryptomonnaies ne sont pas reconnues comme monnaie légale dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) tout comme dans plusieurs pays du monde. La BCEAO, l’institution mère du FCFA demeure la seule institution financière ayant le monopole d’émission monétaire.

Aujourd’hui, le pilier central de la réglementation dans la région demeure la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC-FT). En mars 2025, la BCEAO a introduit de nouvelles instructions obligeant les institutions financières, y compris les établissements de monnaie électronique qui pourraient collaborer avec des plateformes crypto agréées, à mettre en œuvre des mesures strictes de connaissance client (KYC) et de compliance.

Les plateformes doivent opérer sous la supervision des autorités nationales et du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), le nouvel organe régional de type GAFI.

D’ailleurs, l’une des plus grandes mesures prises par les géants des exchanges crypto comme Binance, Bybit, OKX ou Bitget en 2026 est le respect de la conformité (compliance). Les géants mondiaux de la crypto mettent un point d’honneur sur la conformité juridique afin d’être en règle avec les gouvernements pour mieux étendre leurs services au regard de l’institutionnalisation de l’industrie crypto.

Bien qu’un cadre unifié entre les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) soit en discussion, les exigences actuelles se concentrent plutôt sur la transparence et la prévention des activités illicites pour éviter les arnaques plutôt qu’une interdiction formelle d’exercer sur le territoire.

Le Nigeria a connu une révolution réglementaire majeure, passant d’une interdiction stricte par la Banque Centrale du Nigeria (CBN) en 2021 à une légalisation favorable en 2024 sous la supervision de la Securities and Exchange Commission (SEC) du pays. La légalisation via l’Investments and Securities Act 2025 (ISA 2025), signé en mars 2025, a légalisé les cryptomonnaies en les définissant explicitement comme des titres financiers, donc des securities, sous la juridiction de la SEC nigériane.

Cette nouvelle mesure instaure un système de licences obligatoires pour les entreprises souhaitant s’implanter dans le pays. Il est alors désormais illégal pour toute entité d’opérer un échange d’actifs numériques au Nigeria sans une licence de la SEC. Toutes les plateformes, locales ou étrangères ciblant les utilisateurs nigérians, doivent se conformer aux normes KYC et LBC/FT. Ce qui n’est pas encore le cas pour les pays de l’espace UEMOA.

Lire aussi : Le Nigéria encadre le secteur des cryptomonnaies

La Banque centrale du Nigeria a levé son interdiction des cryptomonnaies de 2021 dans une circulaire de décembre 2024, permettant désormais aux banques de servir les entreprises crypto agréées par la SEC, intégrant ainsi le secteur dans le système financier conventionnel du pays. Par ailleurs, le gouvernement nigérian prépare activement une législation pour taxer toutes les transactions liées aux cryptomonnaies dès 2026. La fiscalité actuelle, bien que non explicitement détaillée par la loi ISA 2025, s’appuie sur l’impôt sur les plus-values, l’impôt sur le revenu et la TVA, selon le type de transaction opérée.

Harmonisation régionale et perspectives 2026

Malgré une lenteur dans le processus de réflexion et de structuration, les efforts des États membres de la CEDEAO se concentrent aujourd’hui sur l’harmonisation des mesures. Des discussions au sein de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest visent à créer un cadre réglementaire uniforme pour faciliter le commerce transfrontalier d’actifs numériques, inspiré par l’approche nigériane et les directives internationales du GAFI.

Lire également : Crypto en Afrique : entre impératif économique et souveraineté numérique

Le Ghana fait partie des premiers pays de la CEDEAO ayant adopté une législation pour encadrer le secteur des cryptomonnaies sur son territoire en décembre 2025. Une loi qui officialise l’utilisation des actifs numériques et protège les consommateurs Ghanéens.

Bien que les réglementations africaines soient spécifiques, elles s’alignent de façon générale sur les tendances mondiales. La compliance et la transparence fiscale dans la région Ouest-africaine est un sujet fondamental pour les autorités quand bien même il n’existe pas encore de législation spéciale explicite de la CEDEAO encadrant l’utilisation des crypto-actifs dans l’ensemble de l’espace UEMOA.

Le terrain se présente comme une opportunité majeure pour les entreprises visionnaires souhaitant s’implanter en se mettant dans la conformité pour être en règle avec la législation des pays et assurer la sécurité des consommateurs face aux risques de blanchiment et de financement du terrorisme.

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