Le dernier classement de Transparency International confirme une réalité moins reluisante pour l’Afrique centrale. En 2025, aucun pays de la CEMAC ne dépasse la barre des 3O/100 à I’Indice de perception de la corruption (IPC). Le Gabon arrive en tếte du bloc avec 29/100, suivi du Cameroun (26), de la République centrafricaine (24), du Congo (23), du Tchad (22) et de la Guinée équatoriale (15). À titre de comparaison, la moyenne mondiale s’établit à 42/100. Un choc régional.
Ce résultat de Transparency International ne se limite pas à une question d’image. Dans une union monétaire, la perception de la gouvernance devient un enjeu collectif. Lorsque tous les États membres de Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) affichent des scores très faibles, cela influence la manière dont les investisseurs, les bailleurs de fonds et les marchés financiers évaluent le risque régional. Plus la défiance est forte, plus le financement coûte cher et plus l’attractivité pour les capitaux privés recule considérablement.
Le cas du Tchad (22) et de la République centrafricaine (24) illustre des fragilités supplémentaires dans l’Union. Confrontés à des contraintes sécuritaires et à des capacités administratives limitées, ces pays peinent à renforcer les mécanismes de contrôle budgétaire et judiciaire. La conséquence est bien visible : services publics fragiles, dépenses publiques peu lisibles et faible confiance dans les institutions.
Au moment où plusieurs États de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) sont engagés dans des discussions des programmes avec le Fonds monétaire international, ce positionnement n’est pas neutre. Pour améliorer la perception et renforcer la confiance, la région devra envoyer des signaux clairs : plus de transparence sur la gestion des finances publiques, un contrôle accru des marchés publics et une justice plus indépendante.





