À l’heure où l’Afrique de l’Ouest redessine sa souveraineté, la bataille de l’indépendance s’est déplacée sur le terrain du numérique. Les 30 et 31 mai 2026, Ouagadougou s’est muée en épicentre de la finance décentralisée Ouest-africain en abritant la 3e édition de la conférence FASO BLOCKCHAIN & CRYPTO WEEK sous le thème : « Crypto-actifs & inclusion financière en Afrique : comprendre, apprendre, agir pour l’avenir de la finance ».
Durant deux jours et devant plus de 220 participants attentifs, un panel d’experts de premier plan a démontré comment l’alliance de la technologie blockchain, du Bitcoin, des crypto-actifs, des stablecoins et de l’intelligence artificielle (IA) s’impose désormais comme l’alternative incontournable aux systèmes financiers traditionnels pour l’inclusion financière.
Bitcoin et stablecoins pour la stabilité et le commerce international
C’est devant un public de plus de deux cent vingt leaders conquis aux profils divers : entrepreneurs, commerçants, décideurs publics et institutionnels, régulateurs, enseignant-chercheurs, étudiants, que la 3e édition de la première et plus grande rencontre nationale FASO BLOCKCHAIN & CRYPTO WEEK SUMMIT a ouvert ses portes, le samedi 30 mai pour les refermer le dimanche 31 mai 2026, à Ouagadougou dans une ambiance de satisfaction générale.
Dans son mot introductif, le promoteur de l’évènement, Hamidou ZONGA, CEO & Fondateur de Cryptosua.com, a salué l’engouement, l’engagement et la qualité du public pour ce 3e rendez-vous incontournable de la blockchain, du Bitcoin et des Crypto-actifs au Burkina Faso.
Remerciant les autorités burkinabè notamment le ministère de la Transition Digitale, la Commission Nationale de Traitement de l’Information Financière (CENTIF), la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), pour leur intérêt à chaque édition, Hamidou ZONGA a tenu à rappeler l’objectif et la vision de cette conférence : « créer un cadre d’échange productif autour de la technologie blockchain, du Bitcoin, des crypto-actifs pour une adoption responsable de ces outils pour accélérer l’inclusion financière des populations; et faire de Ouagadougou, la capitale africaine de la finance décentralisée. »
Le cœur des débats macro-économiques a été magistralement ouvert par l’Expert-conseil Blockchain & Crypto, Hamidou ZONGA. Par ailleurs écrivain et auteur de sept livres de référence dont deux dans le secteur crypto, l’exposé de Hamidou Zonga a résonné comme un plaidoyer pour l’autonomie stratégique des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) regroupant le Burkina, le Mali, le Niger à travers le Bitcoin.
Pour le grand public, M. Zonga a démystifié le Bitcoin. Cet actif décentralisé, limité par essence à 21 millions d’unités, échappe par sa nature mathématique aux manipulations des banques centrales occidentales. En l’intégrant comme valeur de réserve, les pays de l’AES s’offrent un bouclier contre l’inflation et les gels illégaux d’avoirs internationaux.
Pour fluidifier le commerce et les paiements transfrontaliers, l’expert Hamidou ZONGA, promoteur de la conférence nationale a valorisé l’usage des stablecoins (crypto-actifs indexés sur une devise stable comme le dollar) pour les opérations. Ces jetons permettent aux commerçants burkinabè de régler leurs fournisseurs régionaux et internationaux instantanément, s’affranchissant des réseaux bancaires traditionnels avec une réduction des frais de transaction.
À l’attention du public, Hamidou ZONGA a insisté sur le besoin de se former avant toute action dans l’industrie crypto. C’est la condition sine qua non pour bien comprendre non seulement le fonctionnement du Bitcoin et des crypto-actifs, mais aussi pour favoriser une adoption responsable et durable pour une véritable inclusion financière des populations non-bancarisées.
Allier Crypto-actifs et e-commerce en Afrique pour une richesse durable
Pour transformer ces concepts monétaires en moteurs de croissance concrets pour la population, l’intervention de Timbnoma Bernard Ouédraogo dit Papa Rich a apporté un éclairage pragmatique indispensable sur les synergies entre les actifs numériques et le commerce en ligne en Afrique.
À travers sa plateforme e-commerce et streaming vidéo, Smarttontine, la vente en ligne se fait désormais sans barrières bancaires. M. Ouédraogo a expliqué que le principal frein du e-commerce en Afrique reste le faible taux de bancarisation et les limites des cartes de crédit.
En adoptant les crypto-actifs comme moyen de paiement, les e-commerçants africains s’affranchissent des frontières. Un artisan à Ouagadougou peut désormais vendre directement ses produits à un client à Abidjan, Cotonou, Lomé ou à Paris, sans intermédiaire et sans risque de fraude sur les paiements.
Loin des gains spéculatifs éphémères, Papa Rich a insisté sur la création de communauté de valeur pour l’utilisation des actifs numériques et la construction d’une véritable richesse partagée. Smarttontine joue déjà un rôle important dans la convergence des vendeurs et acheteurs en ligne avec un système d’actionnariat communautaire fonctionnel depuis 2020.
La technologie Blockchain comme bouclier de sécurisation des institutions de l’État
La transition vers une économie numérique et un e-commerce de masse exige une confiance absolue dans les réseaux d’opérations. C’est sur ce terrain technique que le Dr Seny GANEMTORÉ, premier Burkinabè diplômé du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis et fondateur de Mtopo Payment Solutions, a structuré son intervention sur l’importance de la blockchain pour la protection des données du Burkina Faso.
Le Dr Ganemtoré a rappelé la définition fondamentale de la technologie blockchain : un grand livre de comptes public, partagé et rigoureusement infalsifiable. Il a expliqué les différents types de blockchains existantes et leur utilité en fonction de l’utilisation.
Mettant un point d’honneur sur l’importance stratégique de la technologie blockchain, Dr Seny Ganemtoré affirme que si l’État burkinabè y adosse ses registres d’état civil, ses titres fonciers ou ses marchés publics, le risque de fraude ou de cyberattaque devient nul. Car, personne ne peut modifier ou effacer ces données. C’est la clé de la confiance numérique pour faire face aux crises.
Expert en infrastructures télécoms haut débit 4G/5G en Afrique et Outre-atlantique, Dr Sény Ganemtoré a démontré que les registres distribués offrent aux PME locales des terminaux de paiement d’une fluidité inédite, indispensables pour soutenir le commerce, les transactions transfrontalières et accélérer l’inclusion financière des populations. Il a par ailleurs recommandé l’urgence pour l’État burkinabè de viser le Cloud pour interagir facilement avec les datacenters.
À l’endroit des participants, surtout à la jeunesse, il encourage chacun à se former, développer des compétences et à se positionner sur l’industrie du Web3, car le marché de l’emploi Web3 est aujourd’hui en quête de talents. Et la bonne nouvelle c’est que l’on peut travailler avec des entreprises depuis son pays d’origine et être payé directement en crypto.
Le monde académique comme boussole des mutations technologiques
Pour s’assurer que ces outils ne soient pas simplement adoptés à l’aveugle, l’universitaire Dr Lamoussa TIAHO, Enseignant-Chercheur en Littératures africaines et Sciences Critiques à l’Université Joseph KI-ZERBO, par ailleurs Analyste des mutations numériques et des Crypto-actifs dans le champ culturel, a apporté une profondeur intellectuelle fondamentale.
Analyste aiguisé des mutations numériques dans le champ culturel, il a défini le rôle indispensable des universités dans cette révolution déjà en marche. Dr Tiaho a soutenu que la technologie blockchain et les crypto-actifs ne sont pas de simples outils comptables, mais des marqueurs culturels qui redéfinissent les relations humaines et le rapport au pouvoir. Pour lui, le monde académique burkinabè doit être le laboratoire où l’on déconstruit et adapte ces innovations aux réalités et valeurs africaines, évitant ainsi un nouveau colonialisme technologique.
L’enseignant-chercheur de la plus grande université du Burkina Faso a insisté sur le fait que l’université doit dépasser le cadre théorique pour co-créer des curriculums interdisciplinaires (mêlant droit, économie, lettres et informatique nouvelle) adaptés aux réalités de ce nouveau monde. Cette approche permettra de former des cadres capables de guider les politiques publiques et d’éclairer les décisions de l’État face aux mutations du Web3.
Pour les chercheurs burkinabè et africains, Dr Tiaho a introduit la nécessité d’élaborer une « épistémologie africaine du numérique ». Il s’agit d’analyser comment les technologies décentralisées résonnent avec les structures de gouvernance traditionnelles de l’Afrique comme les tontines ou la palabre, afin de créer des technologies qui font culturellement sens pour les populations locales.
Il a aussi insisté sur la nécessité d’investir dans la recherche des énergies renouvelables pour viser une autonomie dans le minage du Bitcoin et non dépendre uniquement de l’énergie thermique.
La souveraineté infrastructurelle avec les data centers
Dans la logique structurelle, une fois les transactions étatiques et e-commerces sécurisées, la question de leur stockage physique devient essentiel pour garantir l’intégrité des données. M. Abasse BALIMA, Expert en Intelligence Artificielle, a livré une analyse percutante sur la matérialité du cyberespace burkinabè.
L’expert IA a posé un diagnostic sans concession : la quasi-totalité des données numériques africaines dort actuellement dans des serveurs situés en Europe ou aux États-Unis. Pour Abasse Balima, bâtir une IA souveraine ou déployer une blockchain nationale est illusoire sans la construction de data centers avec une forte capacité de stockage sur le sol burkinabè.
Rappelant et saluant le lancement des deux data centers au Burkina Faso à travers la vision du gouvernement axée sur les 12 chantiers digitaux du Ministère de la Transition Digitale, M. Balima n’a pas hésité à énumérer quelques défis importants.
Conscient des réalités locales, le conférencier expert a proposé un modèle de centres de données éco-responsables, alimentés de manière autonome par l’énergie solaire, afin de garantir la continuité de service face aux défis énergétiques du pays et de la sous-région.
Sur le plan algorithmique, M. Balima a introduit le concept d’apprentissage fédéré (Federated Learning). Cette technologie permet d’entraîner des modèles prédictifs d’IA directement sur les serveurs locaux, sans jamais exporter ni exposer les données brutes et privées des citoyens burkinabè à l’extérieur.
Cartographie des compétences dans l’écosystème Web3 pour l’emploi des jeunes
Le FASO BLOCKCHAIN & CRYPTO WEEK SUMMIT édition 2026 ne s’est pas limité aux infrastructures; il a apporté des réponses concrètes au chômage des jeunes. Amon BAZONGO, Enseignant Blockchain à l’Université Virtuelle du Burkina Faso, spécialiste des écosystèmes numériques, a dressé la feuille de route du capital humain pour la nouvelle économie du Web3.
Monsieur Bazongo a bousculé les idées reçues en affirmant que l’internet décentralisé n’est pas la chasse gardée des mathématiciens. Les entreprises du Web3 recrutent massivement des profils non techniques : juristes spécialisés, designers d’économie de jetons, développeurs, éducateurs ou gestionnaires de communauté.
L’avantage majeur de ce secteur réside dans sa flexibilité géographique. Un jeune diplômé à Ouagadougou peut collaborer avec des équipes basées à Singapour, Dubaï ou San Francisco, à condition d’avoir développé une forte autonomie et une parfaite maîtrise de la langue anglaise.
Pour les développeurs, l’expert a souligné que les compétences Web2 classiques (HTML, Python) doivent être complétées. Le marché exige désormais la maîtrise de langages orientés Smart Contracts (contrats intelligents) tels que Solidity ou Rust, ainsi que des compétences pointues en audit de sécurité cryptographique.
L’expert et unique enseignant Blockchain à l’Université Virtuelle du Burkina, Amon Bazongo, a rappelé que quiconque animé d’un désir ardent d’apprendre sérieusement, de développer des compétences et des connaissances solides peut trouver sa place dans le secteur crypto. L’on n’est pas forcément obligé d’être un génie de l’informatique pour y trouver sa place.
L’appel solennel de Ouagadougou pour l’industrie crypto mondial
La 3e édition de la conférence FASO BLOCKCHAIN & CRYPTO WEEK se referme sur une certitude inébranlable : l’Afrique de l’Ouest se positionne comme terre d’adoption responsable des crypto-actifs, surtout dans une perspective long terme propulsé par des leaders avec une vision stratégique de l’écosystème.
Aux commerçants et entrepreneurs, l’heure n’est plus à la spéculation passive, mais à l’action concrète dans un environnement en pleine mutation face aux crises économiques.
À la jeunesse, formez-vous à la blockchain, au Bitcoin, aux crypto-actifs. Saisissez les outils de la finance décentralisée, développez des compétences sur les métiers du Web3 et protégez votre pouvoir d’achat grâce aux opportunités de ce nouveau monde.
L’Afrique de l’Ouest, portée aujourd’hui par la dynamique de l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES) avec la ferveur de Ouagadougou, représente l’un des marchés les plus fertiles, le plus dynamique et le plus stratégique de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA), pour une véritable expansion.
Le besoin d’inclusion financière y est immédiat, les infrastructures physiques se déploient, la jeunesse est motivée et la population est prête pour une belle aventure dans l’univers des crypto-actifs. Le rendez-vous est donné en mai 2027, pour la 4e édition.





