Alors que le marché crypto est bousculé de toute part, les analystes sont suspendus aux moindres mots de la part des régulateurs américains. La SEC a publié ses priorités d’examen pour l’année 2026, et les cryptos semblent ne pas en faire partie.
Lundi 17 novembre 2025, la “ Division of Examinations ” de la Securities and Exchange Commission (SEC) a publié son document annuel qui fixe les sujets clés pour l’année budgétaire qui se termine le 30 septembre 2026. Contrairement à ses priorités récentes, le secteur crypto n’y figure plus, alors qu’il occupait auparavant une place stratégique.
La Securities and Exchange Commission (SEC) n’a publié aucun objectif particulier, ni aucune feuille de route concernant les cryptomonnaies. Cela marque une rupture nette avec l’année 2025 qui a permis au marché de connaître des changements historiques. Mais cela veut-il dire que le marché est plongé dans le bearmarket ?
Lors des deux dernières années, les cryptomonnaies étaient citées comme l’un des principaux terrains de vigilance, avec des mentions claires concernant les ETF Bitcoin et Ethereum. Cette fois, le document met l’accent sur des priorités plus classiques comme la protection des investisseurs, la gestion de la garde d’actifs et la sécurité des données clients.
L’attention se porte aussi sur les risques liés aux technologies émergentes. C’est le cas de l’intelligence artificielle et sur la capacité des entreprises à répondre à des cyberattaques.
Mais aucun chapitre n’est consacré aux cryptos. Rien sur l’offre de produits dérivés crypto ou bien sur la conformité des plateformes. Et surtout, rien sur les ETF, alors même que les flux d’investissement sont devenus massifs depuis leur validation. Des axes largement débattus au cours de l’année 2025.
Plusieurs observateurs y voient un changement politique profond. Depuis l’arrivée de Donald Trump, le climat américain s’est nettement adouci vis-à-vis du secteur. Trump a publiquement soutenu les acteurs crypto, tandis que sa famille a lancé des initiatives et des entreprises dans le domaine.
L’ex-président de la SEC Gary Gensler, connu pour sa fermeté agressive, a disparu de la scène. À sa place, nous avons eu droit à un nouveau discours plus conciliant incarné par Paul Atkins, qui insiste sur l’absence de volonté punitive sur le marché : « Les examens ne doivent pas servir de piège, mais ils doivent être une collaboration constructive. »
Reste une question essentielle : la SEC a-t-elle changé de position par conviction ou par pragmatisme ? À vrai dire, les États-Unis ont déjà établi un cadre réglementaire clair avec le GENIUS Act et le CLARITY Act. Il paraît alors normal que les cryptomonnaies ne soient plus au cœur de la stratégie de la SEC pour 2026. Mais cela ne veut pas dire qu’elle délaissera le secteur pour autant.
À première vue, l’absence de pression réglementaire pourrait stimuler l’innovation et attirer davantage de capitaux institutionnels. Un cadre moins hostile signifie souvent plus de confiance, plus de liquidité, et plus de développement.
Pourtant, un vide réglementaire peut aussi provoquer l’effet inverse avec de l’incertitude. Les investisseurs institutionnels ont tendance à suivre les nouvelles macroéconomiques pour piloter leurs capitaux. Si 2026 est marqué par peu de nouvelles concernant les cryptomonnaies, il se peut que le secteur soit plus calme que prévu au cours de l’année.
Mais ce silence relatif ne permet pas à lui seul de présager de la suite. Les cryptomonnaies ne disparaîtront pas des radars. Mieux encore, la SEC a d’ores et déjà mis en place un processus d’approbation automatique des ETF cryptos.
Les institutionnels devraient donc continuer d’étendre leurs propositions au cours de 2026. C’est peut-être ce dont le marché a besoin pour atteindre sa vitesse de croisière. En ce moment même, les entreprises multiplient le lancement d’ETF en tout genre. L’un des derniers en date est l’ETF Solana FSOL, proposé par Fidelity.





