Le GENIUS Act est une loi américaine dédiée aux stablecoins entrée en vigueur en juillet 2025. Cette loi fournit un cadre juridique clair pour les émetteurs de stablecoins sur le sol américain. Une très bonne nouvelle pour le secteur crypto dans son ensemble, mais nettement moins positive pour les banques qui assistent à l’émergence d’une nouvelle classe d’actifs concurrentiels.
Les banques ont toujours été l’intermédiaire de confiance privilégié dans les échanges de valeurs. Elles le sont toujours mais l’essor affolant de l’industrie des cryptomonnaies représente une menace grandissante pour le secteur bancaire.
Concrètement, le GENIUS Act encadre l’émission de stablecoins de paiement. Retenez qu’un stablecoin est une cryptomonnaie adossée au dollar dont la valeur reste stable, elle ne fluctue pas. En effet, le GENIUS ACT fixe notamment des exigences en termes de réserves liquides, de règles de transparence et de répartition des responsabilités entre autorités fédérales et États. Il s’inscrit dans le recalibrage de la politique crypto américaine encouragé par le président américain Donald Trump.
L’un des points sensibles à ce sujet est l’interdiction actuelle de verser des intérêts aux détenteurs de stablecoins. Si cette digue venait à céder, alors les banques traditionnelles pourraient enregistrer un exode massif de liquidités. En fait, la concurrence sur le rendement est féroce. Là où un livret américain moyen rapporte environ 0,40 % par an, la DeFi rémunère ces dépôts tokenisés en USDT ou USDC, à des taux compris entre 3 et 4 %. Le manque à gagner pour les épargnants des systèmes traditionnels est abyssal.
Au-delà des rendements, le GENIUS Act apporte un cadre législatif de confiance. Par opposition à la posture de défiance des précédentes administrations américaines. Cela inclut des exigences de réserves en actifs sûrs, audits et rapports périodiques, garde sous supervision, et un périmètre clair pour les émetteurs étrangers opérant aux États-Unis. L’argument des promoteurs de la loi est double : protéger le consommateur après les fiascos du cycle passé, et ancrer un peu plus la place du dollar dans l’ère numérique.
Le Trésor américain a d’ailleurs chiffré l’ampleur potentielle du phénomène : l’adoption massive des stablecoins pourrait provoquer jusqu’à 6 600 milliards de dollars de sorties de dépôts du système bancaire. Les lobbys bancaires ont bien saisi le risque pour leur activité et voient cela d’un mauvais œil. De leur côté, les partisans des stablecoins rétorquent que la concurrence obligera les banques à mieux rémunérer les dépôts et moderniser leurs rails de paiement. D’autant plus qu’ils pourraient se trouver de puissants alliés de circonstance.
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Si cette nouvelle donne paraît positive pour les épargnants, les géants de la tech n’y sont pas insensibles non plus. En effet, des discussions exploratoires auraient déjà lieu depuis plusieurs mois chez Apple, Google, Airbnb et X autour de l’émission ou de l’acceptation de stablecoins dollars.
De leur côté, les géants Paypal et Stripe ont clairement dépassé le stade des simples discussions. Cela pourrait permettre à ces entreprises de réduire leurs frais de paiement et fluidifier les échanges transfrontaliers. Si rien n’est encore acté, la puissance de distribution de ces plateformes nourrirait d’après Multicoin, une concurrence redoutable pour les banques traditionnelles.
En canalisant la demande mondiale de dollars tokenisés vers des instruments conformes et légaux, les Etats-Unis trouvent également un support de taille concernant leur dette. Les émetteurs de stablecoins sont en effet de très gros détenteurs de Bons du Trésor américain, ce qui leur permet de verser un rendement aux détenteurs. Tether (USDT) ne détient pas seulement des obligations, mais est aussi assis sur véritable mine d’or.





