La banque française Société Générale fait entrer son stablecoin adossé au dollar sur une place européenne, et vise clairement l’adoption institutionnelle. L’entreprise Bullish Europe devient la première bourse à coter l’USDCV. Ainsi, le message est limpide : priorité à l’Europe, où le cadre réglementaire est déjà posé.
Le stablecoin USDCV de la banque Société Générale arrive avec une promesse simple : un token indexé sur le dollar avec un niveau d’exigence bancaire. Le lancement s’appuie sur un précédent réussi : l’EURCV, la version euro, affiche déjà un volume quotidien proche de 40 millions d’euros.
Le choix européen n’a rien d’un hasard. Grâce à la loi MiCA, les règles du jeu sont claires pour les émetteurs de stablecoins dans l’espace européen. Par conséquent, une filiale bancaire peut opérer sans ambiguïté, avec des procédures de conformité alignées sur celles d’un grand groupe. Chez SG – FORGE, une même politique KYC s’applique à chaque partenaire crypto, comme pour n’importe quel client bancaire. Cette symétrie rassure les contreparties, notamment les brokers et les dépositaires.
Côté technologie, l’USDCV a été introduit en juin dernier sur les blockchains Ethereum et Solana. Ce double déploiement vise la profondeur de marché et des frais maîtrisés. Cependant, la mécanique reste classique : réserves en actifs sûrs, gouvernance bancaire, et un dépositaire de premier plan. BNY Mellon a ainsi été retenu pour la garde des réserves. L’’offre cible autant les institutions que les investisseurs particuliers cherchant une exposition régulée.
La société Bullish Europe coche, elle aussi, les cases réglementaires. La plateforme, régulée en Europe, renforce son offre en listant d’abord l’EURCV, puis l’USDCV.
Aux États-Unis, le GENIUS Act a été adopté, mais il manque encore les règles d’application. Tant que le cadre opérationnel ne sera pas publié, Société Générale ne proposera pas ses stablecoins aux résidents américains. C’est un choix assumé : mieux vaut déployer là où la visibilité juridique existe déjà. Aussi, la banque annonce une intention claire : ouvrir plus largement lorsque les États-Unis auront finalisé leur texte.
Cette prudence contraste avec l’appétit du marché mondial. Aujourd’hui, les stablecoins sont massivement américains, et deux acteurs dominent : l’USDT et l’USDC. Pourtant, l’espace européen s’organise par une régulation poussée. Avec l’USDCV et l’EURCV, une banque d’envergure s’impose comme pionnière du “stablecoin bancaire régulé”. En résumé, le pont entre finance traditionnelle et crypto se renforce, sans renoncer aux standards de contrôle. L’histoire ne fait que commencer.





