Dans le cadre de son nouveau plan économique, la République populaire de Chine inscrit la construire un réseau blockchain national, intégré à une infrastructure informatique couvrant l’ensemble du pays. L’annonce figure dans des orientations publiées le 10 octobre 2026 par le Comité central du Parti communiste chinois et le Conseil des affaires d’État. Le texte associe blockchain, données et transformation industrielle. Il ne décrit ni calendrier opérationnel, ni architecture technique détaillée.
Il s’agit d’un projet visant une infrastructure nationale capable d’accompagner la circulation, la gestion et la protection des données nationales. Le document prévoit aussi un réseau intégré de puissance de calcul à l’échelle du pays, en complément de la blockchain nationale. Cette association rapproche les capacités de traitement, les données et les services numériques publics.
L’initiative s’inscrit dans la stratégie chinoise de transformation numérique. Elle prolonge les travaux déjà consacrés à l’usage de la blockchain en Chine et aux infrastructures transfrontalières du yuan numérique, la devise chinoise. Le texte ne précise pas si le futur réseau reposera sur une blockchain publique, une infrastructure autorisée ou plusieurs réseaux interconnectés.
L’annonce intervient après plusieurs années d’expérimentations nationales. La Chine avait déjà créé le réseau BSN, conçu pour faciliter le déploiement d’applications blockchain. Son nouveau projet semble toutefois viser une échelle plus large, avec un lien direct entre politique industrielle, données et puissance de calcul, dans la continuité du réseau BSN et de ses stablecoins.
La blockchain apparaît ici comme un outil de gestion des échanges de données, plutôt que comme une infrastructure dédiée seulement aux crypto-actifs. Le document demande d’améliorer les règles relatives à la propriété des données, aux transactions, à la répartition des droits et à la protection des intérêts. Ces 4 axes doivent encadrer la constitution d’un marché des données.
Le texte mentionne aussi des projets pilotes et de démonstration consacrés aux « éléments de données », sans préciser leur nombre ni leurs secteurs.
Le gouvernement veut ainsi accélérer la transformation numérique de l’industrie manufacturière. Les orientations citent le programme « Données à l’est, calcul à l’ouest », la fabrication intelligente et l’Internet industriel. Ces programmes relient les régions productrices de données aux centres disposant de capacités informatiques, une logique proche des applications de la blockchain dans la surveillance.
Le calendrier reste inconnu. Les orientations fixent un objectif politique, mais ne donnent ni date de lancement, ni budget, ni organisme chargé de piloter la construction.
La Chine dispose déjà de plusieurs briques technologiques et institutionnelles. Le réseau national BSN, les plateformes industrielles et les projets liés au yuan numérique forment un environnement sur lequel cette infrastructure pourrait s’appuyer. La Chine et sa norme blockchain internationale montrent aussi que Pékin cherche à peser sur les standards techniques du Web3.
La prochaine étape sera alors administrative et technique. Il faudra identifier les opérateurs, définir les règles d’accès et préciser la compatibilité avec les réseaux existants. Le texte mentionne aussi l’intelligence artificielle, l’informatique quantique et les interfaces cerveau-machine, mais ces volets ne sont pas détaillés dans l’annonce officielle.




