La Banque centrale du Kenya serait en plein recrutement de profils spécialisés en Blockchain pour constituer sa toute première équipe dédiée à la surveillance des prestataires de services d’actifs virtuels dans le pays. Cette recherche de compétences dans le secteur du Web3 prouve une fois de plus la volonté des autorités de promouvoir un cadre réglementaire équilibré qui encourage l’adoption responsable des actifs numériques et l’innovation technologique.
La Banque centrale du Kenya (CBK) a lancé un recrutement pour des postes de cadres supérieurs et de direction chargés de superviser l’octroi de licences et la conformité des prestataires de services d’actifs virtuels (VASP), signalant ainsi son intention de mettre en œuvre la réglementation des cryptomonnaies avant que le règlement définitif ne soit en vigueur.
L’autorité de régulation a publié quatre offres d’emploi au sein de sa division des services de paiement numériques, dont la date limite de candidature est fixée au 18 mai 2026. Ces postes couvrent l’octroi de licences, l’approbation des produits et la supervision de la conformité. C’est la première fois que la Banque centrale du Kenya publie des offres d’emploi dédiées spécifiquement à la supervision des prestataires d’actifs numériques.
Un responsable de niveau cadre dirigera la fonction d’octroi de licences, examinera les demandes, recommandera les approbations ou les rejets et élaborera des procédures opérationnelles standard pour le nouveau régime.
Deux responsables adjoints se chargeront respectivement de l’octroi de licences et de l’approbation des produits, ainsi que de la surveillance de la conformité. Leurs fonctions comprennent la supervision fondée sur les risques des VASP agréés, les contrôles anti-blanchiment (AML), les évaluations de cybersécurité et l’application des conditions d’octroi de licences.
Un analyste commercial senior complétera l’équipe, en se concentrant sur l’examen des demandes et l’accompagnement réglementaire des candidats. Cette campagne de recrutement intervient sept mois après l’adoption par le Parlement kenyan de la loi sur les prestataires de services d’actifs virtuels (Virtual Asset Service Providers Act) en octobre 2025, qui établit le premier cadre juridique du pays pour la surveillance des cryptomonnaies. En vertu de cette loi, la Banque centrale du pays réglementera les actifs virtuels utilisés pour les paiements. Un marché où les transferts de fonds liés aux cryptomonnaies et les intégrations de l’argent mobile n’ont cessé de se développer.
Toutefois, les règlements d’application nécessaires à la mise en œuvre de la loi sont toujours en attente. Le Trésor national a rédigé le projet de règlement sur les prestations de services sur actifs numériques en mars dernier et l’a soumis à la consultation publique jusqu’au 10 avril 2026. Ce projet propose la création d’un comité de coordination interinstitutionnel de 13 membres, comprenant la Banque centrale du Kenya, l’Autorité des marchés de capitaux (CMA), le Centre de reporting financier (FRC) et le Comité national de coordination contre la cybercriminalité (NC4), chargé de gérer la surveillance dans divers cas d’utilisation.
La période de consultation étant close et la publication au Journal officiel toujours en attente, le recrutement de la Banque centrale du Kenya suggère qu’elle renforce ses capacités internes en prévision de la mise en œuvre.
Les quatre postes requièrent une expérience dans les domaines des paiements, de la banque, des services financiers ou du droit, les postes de haut niveau exigeant une expertise en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et de normes internationales relatives aux prestataires de services liés aux actifs numériques.





