En Égypte, le Tribunal Économique a tranché 437 affaires liées à de faux réseaux de cryptomonnaies au cours des deux dernières années. Selon le Parquet de Caire, les autorités du pays ont saisi plus de 7,89 milliards de livres égyptiennes et près de 318,31 millions de dollars américains ainsi que « d’autres devises étrangères et des biens immobiliers ». Que faut-il savoir sur cette affaire de réseau de cryptomonnaies vis-à-vis de la loi en Égypte et ses conséquences pour les utilisateurs ?
Le samedi 11 juillet dernier, le Parquet égyptien a annoncé dans un communiqué, le démantèlement de plusieurs réseaux ‘’criminels’’ de cryptomonnaies servant au blanchissement d’argent. Selon la note officielle, des crypto-actifs estimés à des milliards de livres égyptiennes ont été saisis entre 2024 et 2025.
Selon le communiqué, le Tribunal Économique a tranché 437 affaires liées à ces réseaux au cours des deux dernières années et les autorités ont saisi plus de 7,89 milliards de livres égyptiennes et près de 318,31 millions de dollars américains ainsi que « d’autres devises étrangères et des biens immobiliers » sans préciser leurs valeurs.
Le parquet a précisé que « les autorités sont parvenues à démanteler des réseaux financiers complexes spécialisés dans le commerce illégal de monnaies virtuelles, en retraçant les transactions illicites réalisées au moyen de la technologie blockchain, et en saisissant plusieurs portefeuilles de cryptomonnaies non autorisés ».
Et d’ajouter que ces investigations ont permis d’établir des preuves numériques irréfutables contre les auteurs, affirmant que la loi prévaut dans les espaces numériques. Les actifs saisis ont été liquidés et transférés au profit du Trésor Public, précise le communiqué.
La position officielle de l’Égypte sur les crypto-actifs est strictement prohibitive : il est totalement illégal d’émettre, de négocier, d’échanger ou de promouvoir des cryptomonnaies sans une licence octroyée par la Banque centrale d’Égypte (CBE).
À ce jour, aucune plateforme d’échange ou entreprise de monnaies virtuelles ne détient une telle autorisation, ce qui équivaut à une interdiction de fait pour le grand public.
Le pays a mis en place un dispositif législatif et sécuritaire sévère pour empêcher l’essor des actifs numériques. La Loi bancaire n° 194 de 2020 interdit de manière formelle la création, l’exploitation ou le commerce de plateformes de cryptomonnaies sans licence. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions financières et à des peines de prison.
Sur le plan religieux, dès 2018, Dar al-Ifta (la plus haute autorité religieuse islamique du pays) a déclaré les cryptomonnaies illicites (haram) au regard de la charia, en raison des risques d’escroquerie et de financement du terrorisme. Bien que non contraignant juridiquement, cet avis renforce le rejet étatique.
Malgré cette politique de tolérance zéro, les autorités font face à une forte résistance économique. En raison d’un contexte économique difficile et de la dévaluation de la livre égyptienne, environ 3 millions d’Égyptiens possèdent ou échangent des crypto-actifs de manière clandestine pour protéger leur épargne.





