La Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) du Burkina Faso a tenu une réunion stratégique avec les Prestataires de services d’actifs virtuels (PSAV), le lundi 31 août 2026, à Ouagadougou. Cette rencontre de haut niveau avait pour objectif principal la sensibilisation et l’imprégnation de la loi n°046-2024/ALT, le nouveau texte législatif majeur régissant la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme au sein de l’écosystème numérique national.
Le Burkina Faso vit une profonde transformation de son paysage financier avec l’avènement des actifs numériques. Face à l’essor fulgurant des technologies financières (FinTech), la blockchain et des crypto-actifs, le pays adapte progressivement son arsenal réglementaire.
L’adoption récente de la loi n°046-2024/ALT marque une rupture nette avec l’ancien dispositif. Ce cadre juridique moderne intègre explicitement les réalités des actifs virtuels, comblant ainsi un vide juridique que les réseaux criminels s’efforçaient d’exploiter impunément.
Pour la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), l’enjeu ne réside pas dans la répression de l’innovation, mais bien dans son encadrement sécurisé. Puisque les flux financiers liés aux monnaies virtuelles et aux plateformes numériques, par nature transfrontaliers et anonymes, exigent une vigilance accrue pour éviter le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
À cet effet, un groupe stratégique de Prestataires de services d’actifs virtuels (PSAV) a été sensibilisé et mis devant leurs responsabilités. Au cœur de cette réunion, un message clair a été adressé aux acteurs des services numériques : ils sont désormais des sujets assujettis de plein droit à la réglementation financière. Les gestionnaires de portefeuilles de crypto-actifs, les plateformes d’échange et les fintechs de paiement électronique doivent s’approprier les exigences de la loi 046.
Cette session d’imprégnation a permis de rappeler les obligations strictes qui pèsent sur ces acteurs du marché des crypto-actifs selon les recommandations du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme mondial de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme :
- La vérification de l’identité (KYC) : l’obligation d’identifier formellement chaque utilisateur et de tracer l’origine des fonds.
- La déclaration de soupçon : le devoir d’alerter immédiatement la CENTIF en cas de transaction atypique ou suspecte.
- Le contrôle interne : la mise en place d’outils algorithmiques ou la décision d’un responsable capables de détecter les comportements à risque liés aux opérations.
Face à l’évolution constante de la technologie et des innovations, les autorités burkinabè font face à un double défi : encourager l’inclusion financière par le numérique tout en protégeant l’intégrité de l’économie nationale. Dans un contexte sécuritaire régional complexe, la régulation des actifs virtuels n’est plus une option, mais une urgence de souveraineté.
La Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) du Burkina Faso a tendu la main aux opérateurs privés pour co-construire un écosystème transparent et équilibré. Les prestataires qui feront preuve de bonne foi et mettront en œuvre ces mécanismes bénéficieront d’une protection juridique accrue dans l’exercice de leurs fonctions. À l’inverse, le non-respect des dispositions de la loi 046 exposera les contrevenants à de lourdes sanctions pénales et administratives.
Dans les semaines à venir, un séminaire de formation pratique sera organisé au profit des Prestataires de services d’actifs virtuels (PSAV) pour faciliter l’utilisation des outils techniques pour prévenir et alerter les cas d’opérations suspectes liées aux crypto-actifs.
Par cette démarche proactive, le Burkina Faso envoie un signal fort aux partenaires internationaux et aux marchés financiers. Le pays des Hommes intègres entend bien rester une place financière sûre, y compris à l’ère du cyberespace afin d’attirer plus d’investisseurs internationaux pour redynamiser son économie.





